
Le premier ministre japonais de centre gauche, Naoto Kan, a survécu jeudi 2 juin à une motion de défiance de l’opposition, après la volte-face des « rebelles » de son propre parti qui ont finalement décidé de ne pas soutenir ce texte au Parlement.
Avant le vote, M. Kan, 64 ans, a fait une concession de dernière minute en promettant de céder le pouvoir à la jeune génération une fois accompli sa tâche pour la reconstruction dans le nord-est du Japon, dévasté le 11 mars par un séisme et un tsunami meurtriers.
« Une fois que j’aurai achevé ma gestion du désastre et assumé mon rôle jusqu’à un certain point, je voudrais transmettre mes responsabilités à une génération plus jeune », a-t-il dit, en se gardant bien de donner un calendrier. « Laissez-moi assumer mes responsabilités jusqu’à ce que le travail soit fait. J’ai besoin pour cela de vous tous. Je demande sincèrement aux membres du PDJ de s’unir et de rejeter la motion de défiance aujourd’hui », a-t-il ajouté.
L’opposition, dirigée par les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD) et leurs alliés du Nouveau Komeito, avait besoin d’au moins 82 votes de députés du parti au pouvoir, le Parti démocrate du Japon (PDJ), pour faire passer sa motion. L’un des plus puissants politiciens, Ichiro Ozawa, rival de M. Kan au sein du PDJ, avait décidé de voter le texte, afin de contraindre à la démission M. Kan, auquel il reproche d’avoir trahi ses promesses électorales et de ne pas avoir été à la hauteur face au séisme, au tsunami et à l’accident nucléaire de Fukushima. Mais quelques minutes avant le début des débats au Parlement, le groupe de députés « rebelles » au sein de la faction de M. Ozawa a fait savoir qu’ils se prononceraient finalement contre la motion, ont rapporté les médias. M. Kan, élu il y a à peine un an, avait menacé de convoquer des élections législatives anticipées s’il était mis en minorité, ce qui a probablement fait réfléchir une partie des députés qui préfèrent conserver leur siège encore deux ans, plutôt que d’aller devant les électeurs.
La double tragédie du 11 mars a fait près de 24 000 morts et disparus et quelque 100 000 sans abri dans le nord-est de l’archipel. Les conservateurs du PLD ont perdu le pouvoir lors des élections législatives de 2009, après plus d’un demi-siècle de domination sur la vie politique nippone.















