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epuis 2010, le pays du Soleil-Levant n’est plus la deuxième économie du monde. Il a été dépassé par la Chine. Mais « la faillite annoncée de la maison Japon » n’a pas eu lieu, écrit Jean-François Sabouret, sociologue de formation et directeur du Réseau Asie-Imasie, qui relie les chercheurs français intéressés par ce continent.
Par Philippe Arnaud pour lemonde.fr
L’auteur a déjà consacré plusieurs ouvrages savants à l’Archipel – notamment La Dynamique du Japon, écrit en collaboration (éditions Saint-Simon, 2005). Cette fois, son propos est plutôt destiné au profane. C’est un tableau rapide et nuancé de l’économie et de la société japonaises. S’il ne prétend pas à l’exhaustivité, M. Sabouret, on l’aura compris à la lecture du titre, se situe résolument aux antipodes de tout « déclinipponisme« .
Il ne cache toutefois pas les faiblesses du Japon : le taux de fécondité (1,37 enfant par femme en âge de procréer en 2009), le vieillissement de la population, la dette publique qui atteint 200 % du produit intérieur brut (PIB), la dépendance énergétique et alimentaire, l’économie qui tourne au ralenti depuis l’éclatement des bulles financière et immobilière en 1990.
Mais c’est avec des lunettes roses – comme les cerisiers, symboles de renaissance dans la culture de l’Archipel – que l’auteur regarde l’avenir. Car le Japon a beaucoup d’atouts. Et notamment son système éducatif.
Car, assure Jean-François Sabouret, le rêve égalitaire reste une composante majeure de l’identité nipponne. Et plus encore qu’en France, l’école est au Japon une « matrice citoyenne », la véritable fabrique du futur. Pays d’ingénieurs, l’Archipel consacre ainsi 3,44 % de son PIB à la recherche et au développement quand la France y consacre moins de 2,5 % de son PIB. Le Japon reste ainsi à la pointe des nouvelles technologies de l’information.
Dans l’éducation, la protection sociale, les salaires, la démocratie, le pays a encore une longueur d’avance sur ses voisins, démontre M. Sabouret. C’est d’ailleurs, écrit-il, sur ce « cool Japan », adepte de la puissance douce (soft power) et où il fait bon vivre, que l’Asie prend modèle aujourd’hui.
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