Alarmés par la rapide dégradation de leurs résultats, les géants japonais de l’électronique semblent décidés à accélérer leurs restructurations. Selon les médias nippons, Renesas Electronics, Fujitsu et Panasonic devraient finaliser dans les prochaines semaines le rapprochement de leurs activités de conception et de production de puces électroniques dites « LSI » au sein d’une nouvelle structure soutenue par des capitaux publics.
Le fonds Innovation Network Corp. of Japan (INCJ), largement alimenté par l’Etat, devrait ainsi apporter un soutien financier au nouveau groupe qui pourrait, à terme, déléguer à une fonderie spécialisée la fabrication de ces systèmes monopuce servant de cerveau électronique aux smartphones, aux ordinateurs portables et aux automobiles, afin de se concentrer uniquement sur les activités de recherche et développement, jugées plus rentables.
Des groupes fragilisés
Ces entreprises nippones avaient jusqu’ici privilégié un système de production « vertical » où elles contrôlent chacune isolément la conception puis la production. Mais les demandes de leurs clients pour une multitude de modèles de puce toujours différents les ont contraintes à renforcer leurs dépenses de développement et leurs investissements, sans pouvoir pousser leurs prix à la hausse sur un marché devenu de plus en plus concurrentiel. Les fabricants japonais se trouvent en effet dépassés par des sociétés américaines ou européennes qui se concentrent, désormais, uniquement sur la conception de puces systèmes et sous-traitent intégralement leur production à de grandes fonderies asiatiques.
Si Panasonic, Fujitsu et Renesas – qui était déjà né du rapprochement des divisions LSI de Hitachi, NEC et Mitsubishi -refusaient, hier soir, de confirmer ces informations, ils admettaient qu’ils cherchaient tous des solutions pour rendre leurs activités rentables. Particulièrement mal en point, Panasonic avait révélé la semaine dernière qu’il devrait perdre, tous secteurs confondus, 780 milliards de yens (7,8 milliards d’euros) sur l’année fiscale s’achevant fin mars.
Le projet de rapprochement serait soutenu par les autorités japonaises, qui redoutent de voir les groupes domestiques perdre leurs compétences ou encore accélérer leurs délocalisations. Depuis 2009, le pouvoir use du fonds INCJ pour voler au secours d’industries déclinantes, ou trop fragmentées pour faire face à la concurrence étrangère. En août 2011, la structure, dotée d’un budget de 900 milliards de yens (9 milliards d’euros), avait investi 200 milliards de yens pour contrôler 70 % de Japan Display, une nouvelle société née de la fusion des activités de petits et moyens écrans pour tablettes et téléphones mobiles des géants Toshiba, Sony et Hitachi.
















