Ozawa entrave les projets de réforme fiscale du gouvernement

Achleon 3 février 2011 0

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Une vieille affaire de comptes de campagne frauduleux pourrait remettre en cause les projets de réforme fiscale rêvés par le Premier ministre, Naoto Kan, qui vient de promettre de s’attaquer à la colossale dette de son pays. Si le chef du gouvernement japonais n’est en rien impliqué dans le scandale, il doit gérer la mise en cause d’Ichiro Ozawa, l’un des cadres les plus influents de sa majorité.

Lundi, cet ancien dirigeant du Parti démocrate (DPJ), souvent baptisé le « shogun de l’ombre », a été officiellement inculpé mais laissé en liberté. La justice soupçonne le parlementaire d’avoir dissimulé, il y a sept ans, plusieurs mouvements d’argent sur le compte de son fonds de soutien, Rikuzankai. Les équipes d’Ichiro Ozawa auraient notamment caché l’entrée de généreux « dons » faits par une entreprise de BTP cherchant alors à obtenir un marché de construction dans la circonscription du parlementaire. Elles auraient également omis de répertorier l’achat d’un terrain dans Tokyo (estimé à 3,1 millions d’euros).

Affirmant qu’il n’a aucun souvenir de ces transferts, le politicien de soixante-huit ans a pour l’instant refusé de démissionner du Parlement et du PDJ, au grand dam du Premier ministre. Naoto Kan est convaincu que cette affaire souille l’image de son gouvernement, déjà au plus bas dans les sondages, et nourrit la rancœur des partis d’opposition, qui contrôlent la Chambre haute du Parlement.

Très remontés contre Ichiro Ozawa, plusieurs formations se disent décidées à empêcher le vote du prochain budget, couvrant la période, et refusent de participer au grand débat « non partisan » souhaité par Naoto Kan pour enrayer le gonflement de la dette.

Pour amadouer ses opposants et les convaincre de voter son budget en mars et d’éventuellement soutenir ses réformes fiscales en juin, Naoto Kan pourrait décider de militer pour la démission d’Ichiro Ozawa. Mais il risquerait alors de s’aliéner une partie même de sa majorité qui doit beaucoup au vieux cadre et menace, en coulisse, le chef du gouvernement de représailles politiques. Très embarrassé, Naoto Kan s’est donné quelques jours de réflexion pour faire les comptes de ses soutiens.

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