Le président russe Dmitri Medvedev s’est engagé mercredi à effectuer une visite aux îles Kouriles, objet d’une dispute territoriale avec le Japon depuis la Seconde guerre mondiale, un projet aussitôt dénoncé par Tokyo.
« C’est une région très importante de notre pays. Je m’y rendrai absolument dans un avenir proche », a déclaré le président russe lors d’un point de presse à Petropavlovsk-Kamtchatski (péninsule du Kamtchatka, Extrême-Orient russe).
« Malheureusement, la météo interdit actuellement de prendre l’avion », a ajouté M. Medvedev, laissant entendre qu’il aurait souhaité se rendre immédiatement sur place, ce qui aurait été une première pour un chef d’Etat russe depuis 1945.
Ce projet n’est pas du goût de Tokyo, qui a « fait connaître sa position à la partie russe ». Interrogé sur le fait de savoir si le Japon avait demandé au président russe de renoncer à cette visite, le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshito Sengoku a répondu: « Oui, c’est correct ».
Moscou et Tokyo se disputent quatre îles de l’archipel des Kouriles (Habomai, Shikotan, Etorofu et Kunashiri), appelées Territoires du Nord par les Japonais, et annexées par les Soviétiques en 1945. Ce différend empêche depuis 65 ans la signature d’un traité de paix entre les deux pays.
« Cette visite inattendue de Medvedev, rendra sans doute les négociations avec le Japon encore plus difficiles », estime Valéri Kistanov, directeur du Centre du Japon auprès de l’Académie russe des Sciences.
Mais « Medvedev a raison d’insister: cette visite historique montrera que la position de la Russie est ferme », dit-il à l’AFP, jugeant que le président russe veut signifier à Tokyo qu’il ne fera pas « d’autres concessions ».
L’ex-président russe et actuel Premier ministre Vladimir Poutine avait proposé en février 2008 de restituer sous condition au Japon deux des quatre îles disputées, mais Tokyo a jugé la proposition inacceptable.
Après l’arrivée au Kremlin de Dmitri Medvedev, la partie japonaise avait exprimé son espoir de voir un compromis émerger, jugeant en mai 2009 que le nouveau président russe avait « une approche originale, nouvelle » sur ce problème. Mais depuis, aucune avancée n’est intervenue.
Tokyo suscite régulièrement la colère de Moscou en revendiquant ces îles, « des territoires inhérents au Japon, ayant été hérités de génération en génération par le peuple japonais et n’ayant jamais appartenu à un autre pays », selon les autorités japonaises.
Plusieurs hauts responsables russes, dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, se sont rendus sur ces îles, provoquant en retour le mécontentement de Tokyo.
Le 18 août 1945, trois jours après l’annonce de la capitulation du Japon, l’armée soviétique a attaqué l’archipel des Kouriles, annexant notamment les quatre îles méridionales.
Lors de la présidence de Boris Eltsine, Moscou avait songé à restituer ces territoires au Japon, mais la violente réaction des nationalistes et des communistes avait anéanti ce projet de conciliation.
















